The Long Vowel
03tarab · arabeطرب

ÉpisodesSaison 1 · Intérieur

Épisode 32:07

tarab : quand la salle chante en retour

Bassel Kanaan, ingénieur du son à Amman, parle de tarab : l’enchantement d’une musique qui vous touche.

0:00 / 2:07Le mot

Avec Bassel Kanaan · Sonorisateur de concert, Amman

L’audio de cet épisode est en anglais; la page est traduite.

Notes de l’épisode

Le tarab, c’est l’état dans lequel la musique nous plonge quand elle nous touche vraiment : de la joie, mais plus profonde. Bassel Kanaan mixe des concerts à Amman et nous parle des gens qui font vivre cette expérience : le mutrib sur scène et la sammi’a dans la salle, qui perçoivent le tournant d’une mélodie une seconde à l’avance et s’exclament avant qu’il ne survienne.

Dans cet épisode

  • Le chanteur, l’auditeur et le lien qui les unit
  • Pourquoi chanter une phrase dix fois
  • Enregistrer une salle qui répond

Transcription

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  1. 0:00

    OdileIci The Long Vowel. Je m’appelle Odile Marchetti.

  2. 0:04

    TeodorMoi, c’est Teodor Halvorsen. Notre invité travaille dans l’ombre de la musique : Bassel Kanaan, ingénieur de son à Amman. Bassel, c’est quoi, ton mot?

  3. 0:13

    Basseltarab. C’est ce que la musique nous fait ressentir quand elle nous touche vraiment. De la joie, mais plus profonde. Une sorte d’envoûtement.

  4. 0:22

    OdileC’est la musique ou le sentiment?

  5. 0:25

    BasselLes deux. On dit d’un chanteur que c’est un mutrib, celui qui fait naître le tarab. Et il y a même un genre de musique qu’on appelle tarab : les longues chansons d’autrefois.

  6. 0:36

    TeodorDe l’extérieur, ça ressemble à quoi?

  7. 0:39

    BasselLes gens ferment les yeux. Ils se penchent vers l’avant. Quelqu’un lance « Allah » ou « Ya salam » au milieu d’une phrase musicale. Dans un concert de musique classique en Europe, ce serait impoli. Chez nous, c’est signe que ça marche.

  8. 0:54

    OdileDonc, le public fait partie de l’expérience.

  9. 0:57

    BasselLe public en fait la moitié. Le chanteur reprend une phrase parce que la salle le lui demande. Dix fois, peut-être, et chaque fois un peu différemment. La chanson s’allonge parce que les gens veulent rester plongés dedans.

  10. 1:11

    TeodorEst-ce que tout le monde peut ressentir le tarab?

  11. 1:14

    BasselTout le monde peut le ressentir, mais il y a des gens qui savent quand ça s’en vient. On les appelle sammi'a, ceux qui savent bien écouter. Ils entendent le tournant de la mélodie une seconde à l’avance, ils réagissent, et le chanteur sent leur réaction. Ça tourne en boucle.

  12. 1:31

    OdileComme une conversation.

  13. 1:33

    BasselExactement, une conversation. Parfois, sans aucun mot.

  14. 1:39

    TeodorEt toi, tu es au fond, à la console de mixage.

  15. 1:43

    BasselOui, et mon travail est un peu particulier. Pour le tarab, je ne dois pas chercher à rendre le son parfait. Si j’élimine le bruit du public, j’élimine le tarab. Alors je laisse les voix : les applaudissements au mauvais moment, les cris. C’est ça, l’enregistrement.

  16. 1:59

    OdileBassel Kanaan, merci.

  17. 2:01

    TeodorC’était tarab. La prochaine fois, un mot coréen pour parler de l’art de décoder l’ambiance d’une pièce.

Télécharger la transcription : WebVTT · SRT

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